

Acouphène
“ J’ai des acouphènes depuis une dizaine d’années et, depuis que je protège mes oreilles, ça ne s’est pas aggravé — pourvu que ça continue comme ça”
- Chris Martin (Coldplay) -

Il est 3 heures du matin. Vous vous réveillez et remarquez un sifflement aigu dans une oreille. Vous attendez qu'il disparaisse, mais il reste là. Vous ne l'imaginez pas. C'est ce qu'on appelle un acouphène (ou 'tinnitus').
Bien que cela puisse être alarmant, ce n'est pas dangereux dans la majorité des cas. La bonne nouvelle est que même si le son ne disparaît pas totalement, son impact peut être considérablement réduit.
Qu'est-ce qu'un acouphène ?
L'acouphène est la perception d'un son sans source externe réelle. Comme c'est une expérience personnelle, les descriptions varient énormément : bourdonnements, sifflements ou cliquetis. Pour d'autres, c'est une sensation de souffle ou de battement qui suit parfois le rythme cardiaque.
L'apparition varie aussi. Certains le remarquent soudainement, d'autres réalisent qu'ils vivent avec depuis des années avant qu'il ne devienne gênant. Il est fréquent que cela s'accompagne d'hyperacousie, une sensibilité accrue aux sons du quotidien.
Dans mon cabinet, j'aide les patients à voir que l'acouphène suit souvent un processus de sensibilisation sensorielle similaire au PPPD. C'est comme si le 'contrôle du volume' du cerveau était réglé trop haut. Alors que le système de l'équilibre gère mal le mouvement dans le PPPD, le système auditif devient hypersensible aux sons internes normalement filtrés. Mon but est d'aider votre système nerveux à se recalibrer.
Est-ce fréquent ?
Les acouphènes sont bien plus courants qu'on ne le pense. Environ 15 % des adultes en souffrent de façon persistante. Si cela peut impacter le sommeil ou la concentration, seule une petite minorité trouve cela très éprouvant. Dans ces cas, un soutien professionnel est essentiel pour retrouver un confort de vie.
Est-ce dangereux ?
Dans la vaste majorité des cas, l'acouphène n'est pas le signe d'une maladie grave. Toutefois, un bilan médical est recommandé s'il ne touche qu'une seule oreille, s'il est pulsatile, associé à une perte auditive soudaine ou à des vertiges. La plupart des examens sont normaux, ce qui confirme que la structure cérébrale et auditive est saine.
Quelles sont les causes ?
L'acouphène commence souvent par une modification de votre système auditif. Lorsque l'oreille interne transmet moins d'informations au cerveau, que ce soit à cause d'une exposition au bruit, du vieillissement ou d'une légère perte d'audition, le cerveau ne reste pas silencieux pour autant. Au contraire, il tente de compenser ce manque d'informations en augmentant sa propre activité interne.
C'est comme si le cerveau augmentait sa sensibilité pour rechercher les signaux qu'il s'attend à recevoir. Ce surplus d'activité neuronale est ce que nous percevons comme un son. Pour cette raison, nous considérons l'acouphène comme un changement de traitement du son par le cerveau plutôt que comme un simple problème d'oreille. Chez certains patients, le cerveau reçoit aussi des signaux 'erronés' provenant de la mâchoire ou du cou. Comme les nerfs des vertèbres cervicales et de la mâchoire sont connectés aux centres auditifs du cerveau, une tension physique peut parfois influencer le son perçu.
Le son en soi n'est pas le problème principal ; c'est la façon dont le cerveau y réagit. Si l'acouphène active le système limbique (le 'système d'alarme' du cerveau), l'attention se focalise sur lui, le rendant plus intrusif. Comprendre ce mécanisme est la première étape pour rééduquer le cerveau.
Comment la physiothérapie peut-elle aider ?
Alors que tout acouphène n'est pas lié à une tension physique, la physiothérapie est un outil précieux pour un groupe spécifique. Pour les personnes ayant un acouphène somatosensoriel, traiter les tensions du cou ou de la mâchoire peut aider à réduire l'intensité du son. Le traitement peut inclure la thérapie manuelle des cervicales, le travail de la mâchoire et la correction posturale.
Pour les patients où la cause physique est moins marquée, la physiothérapie reste essentielle en calmant le système nerveux. Par la respiration et la relaxation, nous réduisons la réponse de 'lutte ou fuite' et l'hypervigilance. Que le son change physiquement ou que le cerveau apprenne à l'ignorer, l'objectif est que votre corps se sente à nouveau en sécurité.